Vingt ans après l’inauguration de l’exposition d’Ousmane Sow sur le Pont des Arts, (le 20 mars 1999), la Maire de Paris a choisi le 20 mars 2019, journée de la Francophonie et premier jour du printemps pour inaugurer l’œuvre pérenne en bronze Le couple de lutteurs issue de la série Nouba de l’artiste.

Anne Hidalgo et son adjoint Christophe Girard souhaitent célébrer un artiste populaire fondateur de l’art contemporain africain, qui a résidé à Paris pendant une vingtaine d’années, en accueillant place de Valois, 20 ans après le chant de triomphe du Pont des Arts, Le couple de lutteurs, corps à corps de la série des Nouba.

Ousmane Sow, devenu sculpteur à l’âge de 50 ans, après avoir exercé divers métiers (comme celui de kinésithérapeute), est un artiste rare, qui ne se contente pas de sculpter des corps de bronze et de boue, mais s’efforce de masser la douleur pour la faire disparaître. Avec ses Lutteurs, Ousmane Sow célèbre à jamais l’Afrique qui se bat pour exister et fait de ce continent le plus beau laboratoire du monde de demain.

La carrière d’artiste d’Ousmane Sow fut aussi courte que fulgurante. Mais sans doute doit-on à son passé de sculpteur anonyme et secret, dont il détruisit toute trace, l’éclatante maturité artistique dont firent preuve les œuvres qu’il n’accepta de montrer pour la première fois qu’à l’âge de cinquante ans : les Nouba. Elles furent aussitôt reconnues et sont aujourd’hui emblématiques de son travail. Présentés en 1987 au Centre Culturel Français de Dakar, le Nouba assis et le Nouba debout sont exposés dès 1992 à la Documenta de Kassel, et en 1995 à la Biennale de Venise. Suivra la naissance de trois séries africaines : les Masaï, les Zoulou, et les Peulh.

C’est seulement dix ans plus tard qu’Ousmane Sow entreprend la création de la série Petits Nouba, estimant n’avoir pas abouti la série Nouba de 1984 et souhaitant y ajouter quelques thèmes. Sculptant la plupart du temps des hommes en action, l’artiste fait de la lutte, la métaphore et le lieu même de son travail. S’attachant à représenter l’homme, il travaille par séries et s’intéresse aux ethnies d’Afrique puis d’Amérique, et puise son inspiration aussi bien dans la photographie que dans le cinéma, l’histoire ou l’ethnologie.

En 1999, à Paris, sur le Pont des Arts, entre le Louvre et l’Académie, s’installent en majesté les séries africaines, mais aussi La Bataille de Little Big Horn qui vient de naître. Un acte fort pour la reconnaissance de son œuvre et une fierté pour l’Afrique, ce continent auquel il pense en acceptant la proposition d’entrer sous la Coupole.

Si la sculpture originale, acquise par les Abattoirs de Toulouse, n’a pu rejoindre le Pont des Arts en 1999, sa force tranquille et tragique n’en demeure pas moins emblématique de la série. Fondu en bronze afin d’en prolonger le silence et la fureur, et dressé place de Valois, 20 ans après le pont des Arts, le couple de lutteurs corps à corps exprime en un pas de deux d’éternité la lutte de l’homme qui se bat envers et contre tout. Ousmane Sow replace l’âme au cœur de la sculpture et l’Afrique au cœur de l’Europe.

L’Œuvre a été acquise dans le cadre du projet « les œuvres d’art investissent la rue », proposé et décidé par les Parisiennes dans le cadre du Budget participatif.