La Maire de Paris décide d’honorer la mémoire de Maurice Audin par une stèle commémorative au cimetière du Père Lachaise. Mathématicien et professeur à la faculté d’Alger, militant communiste, militant pour l’indépendance de l’Algérie, Maurice Audin a été enlevé le 11 juin 1957 à son domicile par plusieurs militaires du 1er régiment étranger de parachutistes. Son corps n’a jamais été retrouvé et il n’a pas de  sépulture.

Dès 2004, la Ville de Paris avait rendu hommage  à ce grand militant de la liberté et des droits humains en inaugurant une place à son nom dans le 5ème  arrondissement. À la demande de son épouse, aujourd’hui décédée et de ses enfants, Anne Hidalgo a souhaité la création d'un cénotaphe permettant d’installer à Paris un lieu symbolique de recueillement à la mémoire de Maurice Audin.

Maurice Audin est né le 14 février 1932 à Béja, en Tunisie. A 19 ans, il adhère au Parti communiste algérien (PCA), qui milite pour l’indépendance de l’Algérie. Après le début de la Guerre d’Algérie et la « Toussaint Rouge », le PCA est interdit et Maurice et Josette Audin (son épouse) poursuivent dans la clandestinité leur engagement politique, aidant notamment les dirigeants du parti en les hébergeant ou en facilitant leurs déplacements en Algérie. Le PCA poursuit alors le combat pour l’indépendance en concordance avec le Front de Libération Nationale (FLN) qui mène les actions de guérilla contre l’Armée française puis à partir de 1956 des actions urbaines contre les européens

Le 11 juin 1957, Maurice Audin est enlevé à son domicile par plusieurs militaires du 1er régiment étranger de parachutistes, pour être transféré vers une destination inconnue. On ne le reverra jamais. Sa femme Josette porte plainte le 4 juillet 1957 contre x pour homicide. Son corps n’a pas été retrouvé.

Mathématicien, professeur à la faculté d’Alger, Maurice Audin terminait sa thèse au moment de son enlèvement. Celle-ci a été soutenue in absentia, par son directeur de recherche, René de Possel, à la faculté des sciences de Paris devant un public nombreux (dont François Mauriac).

Dès l’été 1957, un comité Maurice Audin est formé avec de nombreux universitaires (Henri Irénée Marrou, Albert Chatelet, Madeleine Rebérioux, Laurent Schwartz, Pierre Vidal-Naquet) pour obtenir la vérité.

Le 13 septembre 2018, le  Président de la République, reconnaît, au nom de la République française, que Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires qui l’avaient arrêté à son domicile.

Le cénotaphe qui sera inauguré par la Maire de Paris portera la mention : «  A la mémoire de Maurice Audin (14 février 1932 - 21 juin 1957), Mathématicien, militant du parti communiste algérien, engagé dans la lutte politique pour l'indépendance de l'Algérie ».