Discours du nouveau Maire de Paris Emmanuel Grégoire
Communiqué
Mise à jour le 30/03/2026 à 12h12
Conseil de Paris
Seul le prononcé fait foi
Monsieur le préfet de Police,
Mesdames et Messieurs les conseillers de Paris,
Monsieur le secrétaire général par intérim,
cher Stéphane,
Mesdames, Messieurs,
Vous m'avez élu Maire conformément aux suffrages exprimés par les Parisiennes et les Parisiens lors du scrutin des 15 et 22 mars dernier.
Par ce vote, vous m'avez donné le mandat d'agir au nom des Parisiennes et des Parisiens, pour les six années à venir.
Je vous en remercie, c'est un honneur dont je saurai me montrer digne.
C'est une mission passionnante, parce que Paris est unique.
Être Maire de Paris, c'est à la fois créer les conditions pour que notre capitale soit une terre d'innovations, et défendre les commerces de proximité, c'est à la fois lutter contre la spéculation immobilière et trouver un logement à celles et ceux qui en ont besoin, c'est à la fois imaginer l'avenir du Grand Paris et s'occuper de chaque pied d'arbre, de chaque poubelle qui déborde, de chaque trou dans la chaussée.
Être Maire de Paris ce n'est pas l'un ou l'autre.
Être Maire de Paris c'est embrasser la diversité de notre ville, qui est à la fois une capitale mondiale, et une ville à vivre, au quotidien, une somme de petits villages, de quartiers, de rues, de pieds d'immeubles qui, ensemble, font la plus belle ville du monde.
Être Maire Paris c'est une responsabilité immense, que je partage avec toutes celles et ceux qui ont contribué à bâtir cette union de la gauche, que les Parisiennes et les Parisiens ont élu à une majorité absolue des suffrages exprimés.
C'est ensemble que nous porterons l'espoir des Parisiennes et des Parisiens.
"Être socialiste, c'est travailler à une société plus juste.". Les mots de Lionel Jospin doivent nous guider aujourd'hui.
Il a été l'architecte de la gauche plurielle, une gauche qui gouverne sans pour autant renier ses idéaux, une gauche qui fait de ses différences une force, une gauche cohérente et fidèle à ses valeurs.
Il a été un meneur par l'exemple, un homme d'une probité et d'une intégrité jamais remise en question.
Je veux m'inspirer de sa dignité dans l'exercice du pouvoir.
C'est pour lui que je me suis engagé en politique il y a plus de 20 ans, je veux lui rendre hommage aujourd'hui !
Reprendre ses mots : Être élu de la gauche unie à Paris, c'est travailler à une ville plus juste.
Une ville plus solidaire, une ville fière, une ville populaire, une ville prospère, une ville qui sait que notre richesse est dans sa diversité, une ville qui sait que son avenir est à inventer, une ville qui protège les plus fragiles, une ville dans laquelle chacune et chacun peut trouver sa place, une ville pour toutes et tous.
Parce que je ne serai pas le Maire d'un Paris contre un autre.
Je serai le Maire de toutes les Parisiennes et de tous les Parisiens.
Dans tous les arrondissements, tous les quartiers, de l'avenue Montaigne à la place de la République, de la rue des Martyrs à l'avenue Jean Jaurès, de Montparnasse au Sacré Coeur, du boulevard Masséna à la rue Cler, de Notre Dame à la Grande Mosquée, de la rue Missak-Manouchian au mémorial de la Shoah.
Être Maire de Paris, c'est respecter son histoire et incarner son avenir.
Nous portons des ambitions qui prennent racines dans les événements qu'a traversé Paris, nous continuons l'œuvre de celles et ceux qui nous ont précédés, cette histoire nous oblige, mais elle ne nous lie pas.
Elle nous relie. Et je veux rendre hommage à celles et ceux qui m'ont précédé, Jacques Chirac, Jean Tiberi, Bertrand Delanoë auprès de qui j'ai tant appris, et Anne Hidalgo.
Chère Anne, ton courage est un exemple. Tu as su engager notre ville dans une transformation nécessaire et salutaire. Le lien que tu as tissé avec les Parisiennes et les Parisiens est indéfectible. Ils se souviendront de tout ce que tu as fait pour Paris.
En tant que Parisien, merci !
Cette histoire nous oblige, mais nous n'en sommes pas les héritiers, nous sommes ce que le suffrage universel a fait de nous.
C'est un nouveau mandat qui débute aujourd'hui.
Une nouvelle méthode.
Une nouvelle histoire à écrire, avec les Parisiennes et les Parisiens, pour Paris !
Le véritable combat commence maintenant.
Et le premier d'entre eux, c'est le périscolaire !
Nous devons tout reprendre depuis le début.
Nous devons renverser la table. Nous devons identifier ceux qui se sont rendus coupables.
Nous devons protéger nos enfants.
Nous devons renouer la confiance avec leurs familles. Nous devons tout faire pour que cette violence cesse.
Pour nos écoles le mot d'ordre doit être tolérance zero.
Toutes les procédures doivent être revues en matière de recrutement, de formation, de gestion des signalement, d'accompagnement des vicitmes et de sanctions.
Aucune personne dont le comportement a été signalé ne doit plus pouvoir travailler dans nos écoles, auprès de nos enfants. Je m'y engage !
Les Parisiennes et les Parisiens nous attendent, Ils seront exigeants avec nous et ils auront raison de l'être.
Sur ce sujet, je souhaite que l'ensemble des conseillères et des conseillers de Paris travaillent ensemble.
Nous sommes nombreuses et nombreux à être parents, nous sommes quelques-unes et quelques-uns à avoir subi ces violences.
Elles sont insupportables et c'est ensemble que nous devons y mettre fin.
Je convoquerai un Conseil de Paris exceptionnel dès la mi-avril, pour apporter des solutions.
Chacun aura la parole, non pour porter des accusations, mais pour faire des propositions.
Ce sujet est trop important pour pour faire l'objet d'une instrumentalisation politique.
Les familles parisiennes n'en ont rien à faire de nos débats, elles veulent des résultats !
Il faut que les Parisiennes et les Parisiens sachent qu'au Conseil de Paris, il y a un front uni contre les violences faites aux enfants.
C'est la première de nos responsabilités, c'est l'avenir de nos enfants qui est en jeu, c'est l'avenir de Paris !
Je veux la participation de toutes et de tous au Conseil de Paris, et je veux l'engagement de chacun sur le terrain.
C'est ça ma méthode, être au plus proches des besoins des Parisiennes et des Parisiens.
On ne fait pas une politique de la ville pour la ville.
Une politique de la ville c'est d'abord une politique pour celles et ceux qui y habitent !
Une politique qui leur permet de vivre mieux.
Sur le logement d'abord, il faudra aller vite et fort.
Parce que c'est la première préoccupation des Parisiennes et des Parisiens, trouver un logement, payer son loyer.
Ce n'est pas la qualité de vie qui fait partir des familles, c'est le prix du mètre carré !
Nous avons annoncé 30 000 logements pour les plus modestes, nous les ferons.
Nous avons annoncé 30 000 logements pour les classes moyennes, nous les ferons.
Nous ferons respecter le droit des locataires avec la brigade du logement.
Nous ferons respecter l'encadrement des loyers.
Nous ferons tout pour qu'aucun mètre carré à Paris ne soit inutile.
Parce qu'il est absurde que tant de Parisiennes et de Parisiens aient du mal à se loger quand on compte près de 300 000 logements vacants dans la capitale.
C'est une question de bon sens !
Sur le pouvoir d'achat aussi il faut agir vite !
La guerre en Iran aggrave une crise du pouvoir d'achat qui est là depuis longtemps.
On ne sait quand reviendra la paix. Je veux d'abord penser au peuple iranien et à la communauté iranienne de Paris, qui se bat pour la démocratie, notamment au sein du mouvement femme-vie-liberté.
Paris est avec vous !
Les conséquences de cette guerre vont être terribles pour celles et ceux qui se serrent déjà la ceinture.
Nous vivons un choc pétrolier qui ne dit pas son nom.
Les prix de l'énergie, notamment du gaz, ont augmenté et risquent d'augmenter encore.
Cette situation rend d'autant plus urgente la mise en œuvre de la rénovation thermique des bâtiments !
Nous devons aller plus loin et plus vite dans la transition écologique.
Pour les parisiennes et les parisiens, pour leur pouvoir d'achat, pour leur qualité de vie !
Cette qualité de vie qui se dégrade quand on n'a pas les moyens de se soigner.
Il n'est pas normal que des Parisiennes et des Parisiens renoncent à aller chez le médecin, parce qu'ils n'en trouvent pas ou parce qu'ils n'en ont pas les moyens.
Nous créerons une mutuelle municipale qui remboursera les soins.
Nous allons mailler tous les quartiers, en commençant par les plus populaires, en cabinet de secteur 1.
Nous ouvrirons des centres médicaux municipaux pour assurer des consultations avec des spécialistes. On en manque à Paris.
Les jeunes le savent mieux que personne quand ils cherchent du soutien. Ils sont de plus en plus nombreux dans les services psychiatriques des hôpitaux, de plus en plus jeunes, souvent des jeunes femmes.
Nous ne pouvons pas fermer les yeux sur ce que vit notre jeunesse.
Ils ont 20 ans, et ils sont en souffrance, Paris doit être à la hauteur.
Nous mettrons en œuvre un grand plan santé mentale pour les plus jeune. Ils sont notre avenir.
Je veux leur permettre de vivre le rêve que j'ai eu la chance de réaliser.
Vivre à Paris.
Vivre bien à Paris.
Cette qualité de vie c'est aussi la richesse et la diversité de nos commerces de proximité.
Ils sont l'art de vivre parisien, les cafés, les restaurants, les commerces de bouche, les galeries d'art, ils font l'attractivité et la richesse de notre ville.
Certains sont en difficulté. Il faut les défendre. Défendre notre mode de vie, défendre notre identité, que serait Paris sans ses cafés ? Sans ses terrasses ?
Vivre bien à Paris, se sentir en sécurité.
Pour ça, il faudra être là. La police municipale devra être présente dans les rues, partout, tout le temps. Nous installerons des kiosques dans les lieux les plus difficiles pour apaiser les tensions. Nous recruterons des nouveaux agents.
Mais nous ne donnerons pas d'armes létales à nos policiers municipaux.
Pour la sécurité des Parisiennes et des Parisiens.
Pour la sécurité des policiers municipaux eux-mêmes.
Parce que la police municipale ne doit pas faire le travail de la police nationale à sa place.
Sa mission, c'est la tranquillité publique, et elle doit se consacrer entièrement à cette mission, c'est ce que veulent les Parisiennes et les Parisiens !
Ils veulent une ville à vivre. Une ville ou la nature retrouve sa place.
Je me réjouis à l'idée que l'ensemble des listes représentées au Conseil de Paris aient porté l'urgence que Paris respire...
Je vous prends aux mots, et nous allons donc pouvoir travailler ensemble pour cette transition écologique que nous allons mettre en œuvre, pour rendre Paris plus belle, plus résistante aux canicules et aux inondations, plus agréable à vivre, pour toutes et tous.
Pour que cesse cette injustice : ce sont celles et ceux qui ont le moins qui dépensent le plus pour se chauffer, ce sont celles et ceux qui ont le moins qui subissent le plus durement les canicules, nous devons être à la hauteur.
Paris ne laisse personne de côté.
Paris est, plus encore que n'importe quelle autre ville, une ville qu'on choisit et qui, parfois, nous choisit.
Nous venons des quatre coins de France et du monde, pourtant, dès que nous posons le pied sur le sol de Paris, nous devenons immédiatement, et pour la vie entière, des Parisiennes et des Parisiens.
C'est l'histoire de notre ville.
Et Paris ne peut pas fermer les yeux sur les Parisiennes et les Parisiens qui dorment dans la rue. Ce n'est pas seulement une exigence morale, ce n'est pas seulement une nécessité sanitaire, c'est une question de dignité.
Paris est et restera une ville refuge.
Je m'en porte garant.
Et, dès maintenant, je veux nous donner une mission, à nous Conseil de Paris, aux maires d'arrondissements, aux élus, aux associations, aux citoyennes et aux citoyens engagés, à toutes celles et ceux qui sont au service de la ville, mobilisons-nous pour que l'hiver prochain, aucun enfant ne dorme dans la rue, à Paris !
Personne ne doit rester indifférent.
Cet enjeu, comme tant d'autres, dépasse largement les frontières parisiennes.
La métropole du Grand Paris est notre horizon. Les Parisiennes et les Parisiens vivent déjà ce grand Paris au quotidien, pour le travail, pour les loisirs, pour les soins, leur vie ne s'arrête pas aux frontières du périphérique.
Alors, notre ville doit prendre sa part pour faire de la métropole du Grand Paris un véritable organe de décision. Sur les transports, l'éducation supérieure, l'attractivité économique, l'innovation, la solidarité, le logement, la bonne échelle, c'est la métropole. Paris plus grande que Paris.
Et, en tant que Maire, je veux aller encore au-delà, renouer le lien entre Paris et les autres villes du pays.
Notre ville est la capitale, elle doit devenir le trait d'union.
Paris appartient à la France. Elle en fait partie. Elle n'en est pas le centre, mais elle en est le cœur.
Elle doit en rester le phare, assumer sa responsabilité, être à l'écoute aussi.
Si les Parisiennes et les Parisiens peuvent se baigner dans la Seine aujourd'hui, c'est grâce à l'action conjuguée de toutes les villes qui bordent notre fleuve. D'amont en aval, quelle que soit la couleur politique, nous nous sommes retrouvés pour préserver ce que nous avons en commun, la Seine.
Car nous avons beaucoup plus en commun que ce que certains veulent penser. Paris doit être une ville ouverte, au monde bien sûr, mais à la France aussi. A la France d'abord. On doit pouvoir encore, quand on naît quelque part en France, rêver de s'installer à Paris.
Paris doit rester une promesse, promesse d'émancipation, promesse de liberté, promesse de diversité, promesse de beauté, promesse de vie. Ici, tout doit être possible !
Même ce qu'on croyait impossible. Au cours de cette campagne, nous avons vu sous nos yeux, se dérouler ce que nous ne voulions pas voir, l'union des droites.
Certaines, certains, ici, ont accueilli les idées et les voix de l'extrême droite avec bienveillance, avec complaisance.
D'autres ont gardé le silence.
Mais dans les urnes, les Parisiennes et les Parisiens ont brisé ce silence.
Ils ont affirmé haut et fort : nous ne voulons pas de cette union qui ne dit pas son nom.
Ils ont affirmé haut et fort : Paris n'est pas une ville d'extrême droite !
Ce message a été entendu bien au-delà de Paris et, dans la séquence politique qui s'est ouverte dimanche dernier, ces mots ont un poids.
Ces mots disent quelque chose de l'identité parisienne !
"Penser contre son temps, c'est de l'héroïsme.". Eugène Ionesco avait raison, penser contre son temps, c'est de l'héroïsme.
Alors oui, les Parisiennes et les Parisiens ont été héroïques !
Ils ont dépassé la peur qu'on nous impose, la peur du déclin, la peur de la faillite, la peur de tout et de tout le monde, la peur de l'autre.
Ils ont eu le courage de choisir l'espoir.
Je veux le dire ici, lors de ce premier Conseil de Paris, les Parisiennes et les Parisiens sont à l'image de notre ville, unique au monde !
En tant que Maire, je veillerai au respect de la volonté qu'ils ont exprimée.
La violence, les discriminations, la stigmatisation, le masculinisme, le racisme, l'antisémitisme, la haine LGBTQI+, n'ont pas leur place à Paris !
Paris sera le cœur de la résistance dans la bataille culturelle qui se joue.
Face au racisme, à l'antisémitisme, au fascisme, Paris résistera !
Face au repli sur soi, à la haine de l'autre, Paris résistera !
Face à l'union des droites, jusqu'à l'extrême, Paris résistera !
Pour ça, nous aurons besoin de l'engagement des Parisiennes et des Parisiens.
Vous, qui enseignez à nos enfants,
Vous, qui vous engagez dans les associations,
Vous, qui nous soignez à l'hôpital public ou dans les cabinets de quartier,
Vous, qui défendez la liberté d'aimer,
Vous, qui vous battez pour l'égalité femmes-hommes,
Vous, qui luttez contre la désinformation,
Vous, qui donnez de votre temps,
Vous, qui prenez votre vélo,
Vous, qui faites vivre les quartiers populaires,
Vous, qui travaillez pour Paris,
J'ai besoin de vous pour bâtir cette ville solidaire, populaire, soudée.
Cette ville libre, créative, innovante.
Cette ville vivante, fière, joyeuse.
Cette ville dans laquelle chacun peut vivre dignement.
J'ai besoin de vous pour réaliser ce rêve qui porte un nom, Paris !
"Il n'y a pas de bonheur dans la haine."
Les mots d'Albert Camus résonnent avec le moment que nous vivons.
Non, il n'y a pas de bonheur dans la haine, il n'y a pas de liberté dans la peur, il n'y a pas de démocratie dans la violence.
Mais il y a du courage, il y a de la détermination, il y a de l'espoir !
Dans ce monde où chacun semble prêt à abandonner ce en quoi il croit, nous serons fidèles à nos valeurs.
Pour les Parisiennes et les Parisiens.
Pour Paris.
Chères conseillères de Paris, chers conseillers de Paris, au travail !