Une amélioration de la qualité de l’air à Paris sans précédent depuis 10 ans
Communiqué
Mise à jour le 27/08/2025 à 15h19
Transition écologique
A Paris, la qualité de l’air s’est nettement améliorée ces dix dernières années. En 2024, pour la première fois, l’ensemble des valeurs limites réglementaires a été respecté, selon le bilan annuel d’Airparif. Ces progrès sont le fruit de politiques volontaristes menées par la Maire de Paris pour réduire la pollution et protéger la santé des habitantes et habitants. Cependant, la pollution de l’air reste l’une des premières causes de mortalité et de maladies chroniques à Paris. Face à cet enjeu majeur, la Ville de Paris poursuit son action en s’appuyant à la fois sur une expertise scientifique solide et sur l’écoute des besoins et attentes des Parisiennes et Parisiens. Inquiète des reculs importants observés dans les politiques nationales, elle a déposé un recours en justice contre l’État pour défendre la santé de la population, qui ouvre de nouvelles perspectives.
Une baisse tangible de la pollution de l’air observée à Paris
Le dernier bilan annuel de la qualité de l’air à Paris, publié par Airparif, montre que la qualité de l’air a continué de s’améliorer en 2024, poursuivant une trajectoire d’amélioration constante, avec une baisse significative des niveaux de pollution de l’air sur les dix dernières années.
Entre 2014 et 2024, les concentrations de dioxyde d’azote ont diminué de 45%, et celles de particules fines (PM2.5 et PM10) ont baissé de 35%, atteignant des niveaux désormais inférieurs aux valeurs limites réglementaires fixées par l’Union Européenne.
L’amélioration de la qualité de l’air est le fruit des mesures ambitieuses mises en œuvre à Paris depuis 10 ans
Une étude publiée ce jour par Airparif[1] démontre que ces résultats découlent directement des politiques publiques mises en œuvre à Paris : réduction du trafic routier, modernisation du parc de véhicules, et rénovation énergétique des bâtiments.
S’agissant de la réduction du trafic routier, un vaste mouvement a été engagé depuis plusieurs années pour réduire la place de la voiture, qui ne représente plus que 4% des déplacements. Parmi les mesures mises en œuvre, la piétonnisation des berges de Seine en 2016, l’instauration d’une Zone à Trafic Limité (ZTL) dans le centre de Paris en 2024 visant à apaiser le cœur historique et permettre une meilleure circulation des véhicules prioritaires, la transformation du boulevard périphérique en boulevard urbain avec une limitation de vitesse abaissée à 50 km/h en 2024 et l’instauration d’une voie réservée au covoiturage en 2025, la transformation des portes de Paris en places (Porte Pouchet, Porte de Pantin, Porte Maillot, Porte de Clichy, Porte de la Chapelle, Porte Dauphine), ou encore la création de plus de 300 rues aux écoles piétonnisées. Parallèlement, l’usage du vélo s’est largement démocratisé et fait aujourd’hui partie de la vie des Parisiennes et Parisiens, avec plus de 1 500 km de pistes cyclables dans tout Paris et une augmentation de la fréquentation de plus de 71 % depuis 2019, contribuant ainsi à la diminution de l’utilisation de la voiture individuelle.
Ces mesures bénéficient d’un large soutien des Parisiennes et des Parisiens. Lors de la votation citoyenne organisée le 23 mars dernier, 66% des votants se sont prononcés en faveur de la végétalisation et la piétonnisation de 500 nouvelles rues.
S’agissant de la modernisation du parc roulant de véhicules, elle est le résultat, d’une part, de l’instauration de standards d’émissions pour les véhicules neufs vendus dans l’Union Européenne (normes Euro), en faveur desquels la Ville de Paris s’est mobilisée, et d’autre part de restrictions de circulation pour les véhicules les plus polluants dans le cadre de la Zone à faibles émissions (ZFE). Cette étude démontre que la complémentarité des échelles d’actions est nécessaire pour lutter contre la pollution.
La réduction observée des polluants s’explique également par l’accélération de la rénovation énergétique des bâtiments que la Ville de Paris soutient activement, sur son patrimoine propre, sur celui de ses bailleurs sociaux, et en accompagnant les copropriétés via le programme Eco-Rénovons Paris +.
Alors que Paris et d’autres villes agissent, la lutte contre la pollution est gravement affaiblie à l’échelle nationale. En mai dernier, le vote par l’Assemblée nationale de la loi de « simplification de la vie économique » supprimant les Zones à faible émissions (ZFE), levier essentiel pour la santé de la population et l’environnement, fragilise les villes engagées dans la lutte contre la pollution, et les reculs gouvernementaux sur le soutien financier à la rénovation énergétique des bâtiments, envoient un signal inacceptable face à l’urgence climatique et sanitaire, alors que le maintien d’un cadre favorable est indispensable.
Face aux reculs nationaux, la Ville de Paris annonce un recours juridique contre le Plan de de Protection de l’atmosphère 2025-2030 d’Île-de-France
Malgré ces progrès, la pollution de l’air reste la première cause de mortalité et de maladies chroniques à Paris. L’Observatoire régional de santé IDF estime[2] que 11,4% des décès annuels à Paris sont liés aux particules fines (PM2,5), et 5,4% au dioxyde d’azote. Des centaines de vies pourraient être sauvées si les seuils de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) étaient respectés. Ceux-ci restent le guide de l’action publique de la Ville.
La Ville de Paris regrette l’absence de mesures ambitieuses dans le Plan de protection de l’atmosphère (PPA) 2025-2030 d’Île-de-France. Les mesures prévues par ce document, qui fixe la politique de l’État sur le territoire régional, ne permettront pas de respecter la réglementation européenne applicable à partir de 2030, ni les recommandations de l’OMS.
La Ville de Paris a donc déposé en juin dernier un recours en contentieux contre le Plan de protection de l’atmosphère. Par ce recours, la Ville de Paris entend rappeler à l’État ses obligations : protéger la santé publique et garantir le droit fondamental de vivre dans un environnement sain, consacré par la Charte de l’environnement.
[1] Étude Airparif « Evaluation quantitative des actions ayant permis l’amélioration de la qualité de l’air et des émissions de dioxyde de carbone (CO2), principal gaz à effet de serre, à Paris entre 2012 et 2022 », août 2025.
[2] Étude régionale de l’ORS Ile de France, février 2022 : ors_web_mortalite_attribuable_pa_vd.pdf